Le coin littéraire

Le vol d’Icare et la coexistence avec le roman policier. Proposition d’une lecture alternative.

Scroll down to content

Le texte se construit dès le début sur la disparition d’un des personnages, nommé Icare, du romancier Hubert Lubert : « sur les feuilles, pas d’Icare; entre, non plus. Il cherche sous les meubles, il ouvre les placards, il va voir aux cabinets : nul Icare» 

S’agit-il d’un vol ou d’une fugue? Le lecteur est face à un personnage fictif qui a disparu des pages du manuscrit de son auteur. Cet auteur choisit une position narrative qui nous place, avec lui, en tant que témoin de l’intérieur de la scène, sur l’axe initial de l’élucidation du mystère jusqu’à sa résolution ultime. Le spectateur se découvre lecteur.

S’ajoute au vol du personnage l’intrigue du genre et la composition du texte entre réel (fiction) et fiction (fiction de la fiction).

L’abondance des dialogues nous place dans une composition hybride à mi chemin entre le récit et le théâtre. Le procédé théâtral inscrit de surcroît l’œuvre dans l’intrigue littéraire de l’énonciation. L’acte de lecture, l’analyse littéraire et la poétique du personnage, son identité, sa construction nous placent dans le genre du roman-problème ou roman policier.

Les premiers suspects dans l’œuvre sont les amis de l’auteur, qui sont eux aussi des romanciers en quête de personnages.

Hubert Lubert contracte un détective, Morcol qui se charge de l’énigme. Ce dernier évoque, comme premier indice, l’ intrigue pirandellienne où à l’inverse et selon le même modus operandi, les personnages sont à la recherche d’un auteur : « voilà qui est bien pirandellien»

Les autres romanciers perdent eux aussi au fil du récit leurs personnages. L’action avance à travers les dialogues, comme une sorte de maïeutique qui permet de déplier en quelque sorte la pensée. Ces dialogues peuvent être mis en relation avec les dialogues entre le docteur Watson et Sherlock Holmes.

Les personnages s’envolent de leur propre gré pour prendre leur indépendance et dessiner leur propre destin. Mais l’auteur exerce son autorité en tant que piégeur et finit par donner à Icare une mort indissociable du mythe et par cet acte, il tue toutes les ambitions de l’Icare en vie.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :